A la mesure de nos silences – Sophie Loubière

 

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Jamais Antoine n’aurait pensé que son grand-père puisse agir ainsi : il y a quelques heures à peine, l’adolescent sortait du lycée, s’apprêtant royalement à rater son bac. Kidnappé par papi à bord d’un vieux coupé Volvo, il roule à présent vers l’inconnu, privé de son iPhone. À 82 ans, François Valent, journaliste brillant, aura parcouru le monde et couvert tous les conflits du globe sans jamais flancher.

S’il a conclu un marché avec son petit-fils, c’est pour tenter de le convaincre de ne pas lâcher ses études. Mais ce voyage improvisé ne se fera pas sans heurts. La destination vers laquelle le vieil homme conduit Antoine – la ville de Villefranche-de-Rouergue, où il a grandi – a ce parfum particulier du remords. C’est là que l’enfance de François a trébuché. Lors d’un drame sanglant de la Seconde Guerre mondiale dont l’Histoire a gardé le secret. À la fois quête du souvenir et voyage initiatique, cette échappée belle les révèlera l’un à l’autre.

La vraie vie n’est jamais là où on l’attend.

 

Lundi soir j’avais rendez vous pour une rencontre-dédicace avec l’auteur d' »A la mesure de nos silences »: Sophie Loubière. J’avais gagné un concours Babélio qui offrait des exemplaires du livre ainsi que la fameuse rencontre. Ce n’est pas un auteur que je connaissais avant, je n’avais lu aucun de ses livres, mais étant curieuse de nature, je me suis dit : Pourquoi pas ? Alors j’avoue, à la lecture des premières pages j’étais un peu sceptique, je me suis demandé « Mais où est ce que ça va m’emmener tout ça » et au final j’ai été transportée, émue, troublée. Ce livre, cette histoire c’est un voyage initiatique inter-générationnel. C’est l’histoire du poids des secrets de famille, du conflit parental. Mais c’est surtout un fragment inconnu de l’histoire de la seconde guerre mondiale : la révolte des Croates. Une division SS musulmane, arrachée à leur pays et qui finiront par se mutiner.

C’est l’histoire d’un grand-père qui pour « sauver » son petit-fils part en road trip façon retour dans le passé. La pudeur, la culpabilité fait qu’il est souvent plus facile pour un aiëul de se confier à ses petits enfants qu’à ses propres enfants. Parce que c’est ça l’essence même du libre : la culpabilité. Celle d’un père trop absent pour ses enfants, de l’oubli d’un événement aussi dramatique car trop douloureux. Les secrets de famille sont souvent lourds à porter et il est long le temps de la délivrance. Car si ce road trip est initié par le grand père, c’est lui qui au final à besoin de se libérer.

C’est un livre qui m’as touché plus que je ne l’aurais pensé. J’ai été agréablement surprise de partager ce voyage avec ces personnages. Car on a tous un grand parent qui un jour ou l’autre, au cours d’une discussion nous ont par quelques bribes de souvenirs raconté les souvenirs de guerre qu’ils ont gardé en eux. Par peur de choquer leurs enfants, il est plus facile de se confier à son petit-enfant, car le devoir de mémoire doit subsiter. La transmission de savoir, de mémoire c’est aussi ça ce livre : ne jamais oublier pour mieux avancer.

Le malheur, c’est comme une brassée de fleurs qui te tombe dessus. Tu peux choisir d’en faire une couronne mortuaire ou bien un bouquet qui fleurira la table d’un banquet pour le mariage de tes petits-enfants.

 

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